Le Maroc a établi sa souveraineté en matière aéronautique et aéroportuaire en 1961, alors que la conquête de l’espace affichait un essor soutenu et que ses retombées technologiques engendraient une mutation profonde dans le secteur de l’aviation civile.
La mise en service d’avions de nouvelle génération et le développement de technologies avancées en matière de gestion du trafic aérien et d’équipements de radionavigation dédiés à la sécurité aérienne, ont conduit alors les responsables du moment à recourir à l ’assistance technique étrangère.
Des ingénieurs et cadres de maîtrises de l’administration française ont donc été maintenus aux commandes, notamment au niveau des aéroports et des centres techniques aéronautiques.
Parallèlement, des actions soutenues de formation et de qualification, ont permis de constituer des équipes de techniciens nationaux qui, durant la première décennie de l’indépendance ont du acquérir sur le terrain, les compétences nécessaires pour contribuer à la relève des étrangers et contribuer ainsi à la Marocanisation de l’Administration de l’Aviation Civile qui est devenue pratiquement effective en 1971.
Grâce à leur abnégation et leur dévouement à la cause nationale, ces pionniers du secteur ont réussi la prise en main des activités avec un professionnalisme qui leur a été reconnu par leurs partenaires professionnels et par les organisations internationales compétentes.
La dynamique du secteur aéronautique et l’évolution constante des technologies qui lui sont spécifiques, ont imposé aux opérateurs en charges des départements concernés, des efforts matériels et structurels soutenus, pour répondre au volume croissant du transport aérien et aux exigences des normes internationales en matière d’accueil et de traitement des avions et de leurs passagers dans les conditions requises de qualité de service et de sécurité .
Ces exigences, traduites en termes de compétences et d’équipements, ont conduit les responsables à adapter continuellement les moyens et les infrastructures aux besoins divers et sans cesse renouvelés.
Néanmoins, devant l’accroissement de l’activité du transport aérien d’une part, et les obligations des normes et règlements régissant le domaine en matière de régulation et de sécurité de la circulation aérienne, de traitement des passagers et de sûreté aéroportuaire d’autre part, il s’est avéré nécessaire de reconsidérer le concept même de la gestion de ce secteur.
En effet, en 1976, après le transfert de l’Aéroport de Casablanca à l’ancienne base aérienne de Nouasser, et dans la perspective de la mise en service de la première aérogare mécanisée au Maroc, la problématique d’exploitation s’est posée au gestionnaire en termes de fonctionnalité, de fiabilité, d’efficacité, de rendement, de sécurité, de qualité, et de pérennité.
C’est alors que, tout naturellement, parmi les acteurs en charges du fonctionnement de la plateforme aéroportuaire de Nouasser, une poignée d’ingénieurs et techniciens se sont mobilisés pour collaborer dans la recherche de la solution idoine.
Animés par un sentiment de dévouement à la chose nationale et armés de leur savoir faire et leur force de conviction, et malgré les embûches que leur opposaient certains détracteurs, ils ont dû faire leur cause du devenir du futur Aéroport Mohammed V alors en pleine mutation.
C’est ainsi que, inspirée de ce qui était déjà expérimenté dans des organismes étrangers similaires, une formule de gestion en établissement public autonome a obtenu l’adhésion officielle des autorités compétentes en 1980 donnant lieu à la création de la première institution à être adoptée par le Parlement : l’Office des aéroports de Casablanca.
La création de cet établissement marquait pour ses fondateurs et pour le secteur aéronautique au Maroc, un tournant décisif, tant les enjeux étaient nombreux et critiques et que leurs impacts relevaient de plusieurs domaines sensibles, à la fois opérationnels, structurels, économiques, sécuritaires, environnementaux, sociaux, et médiatiques.
Les fondateurs, hier fonctionnaires subordonnés dans leurs actions à l’administration centrale, se sont vus dès lors, investis de la responsabilité d’obligation de résultat et du devoir de réagir en temps réel avec des partenaires administratifs ou exploitants, allergiques à priori à cette réforme, mais exigeants en plus-values de services, d’efficacité et de qualité.
A force d’abnégation et de détermination, ces fondateurs, que l’on reconnaîtra plus tard sous le nom de Commando se sont attachés en priorité, à restructurer les unités opérationnelles et techniques et à les doter des moyens adaptés à la nature de leurs missions respectives, pour la réhabilitation et la mise à niveau des infrastructures et des équipements concourant à la sécurité des aéronefs , à la sûreté des opérations aéroportuaires, la formation des compétences et aux développements des recettes.
Ce n’était point une besogne facile mais, grâce à la maîtrise des dossiers, et aux actions engagées avec succès auprès des Instances Administratives concernées, de l’Organisation Internationale de l’Aviation Civile, de l’Association Internationale des transporteurs aériens, des exploitants de compagnies aériennes, et d’industriels aéronautiques, l’Office des Aéroports de Casablanca y a acquis une notoriété méritée.
L’avènement de la création de l’Office des Aéroports de Casablanca, et les réalisations positives qui lui ont été reconnues, ont suscité l’intérêt de l’Administration qui a fini par étendre le statut de cet Office à l’ensemble des aéroports du Royaume et plus tard au contrôle de la navigation des avions dans l’espace aérien sous contrôle national.
L’Office des Aéroports de Casablanca a ainsi été érigé en Etablissement National par amendement de la loi créant ce dernier, en 1991 l’ONDA.
Au delà de sa portée administrative, cet acte consacre en fait l’œuvre de ceux qui, à tous les niveaux de la hiérarchie, par leur dévouement patriotique, leur expertise professionnelle, et très souvent au prix de sacrifices insoupçonnés, ont été à l’origine de la création de cet établissement et contribué à la consolidation de ses fondements.
Motivés par la très haute sollicitude Royale, les responsables de l’ONDA ont pu conduire la réalisation d’un plan de développement ambitieux qui a abouti à la mise à niveau du secteur, en dotant le pays d’un réseau aéroportuaire moderne, pourvus d’équipements spécifiques performants et permettant d’assurer avec efficacité des prestations de qualité.
Au-delà du développement et de la modernisation des plateformes aéroportuaires, les systèmes d’aide et de contrôle de la navigation aérienne et de télécommunications aéronautiques ont été la priorité de ce plan afin d’assurer la plus large couverture de l’espace aérien national, au niveau des normes internationales en matière d’efficacité et de sécurité.
Ce saut qualitatif a été accompagné par des actions de formation des compétences humaines dans les différentes spécialités de l’activité ; l’ONDA a ainsi œuvré pour se doter des ressources nécessaires qui lui ont permis de disposer des expertises idoines en privilégiant le recours aux potentialités nationales.
Conforté par les résultats positifs qui lui ont été reconnus par l’ensemble des partenaires et des instances concernés par l’activité, l’ONDA s’est attaché à tisser des liens privilégiés avec les organisations internationales, ce qui lui a permis de se faire, à l’échelon international, une image de marque qui fait honneur à notre pays.
Le soutien manifesté à l’égard de cet établissement de la part de tous les départements et notamment ceux des administrations de tutelle ont contribué directement à ce succès, en accompagnant toutes les démarches entreprises par l’ONDA.
A la différence d’autres établissements similaires du Royaume qui ont été délégués par l’administration d’autre temps, l’ONDA a été l’œuvre de pionniers de la génération de l’Indépendance du Maroc, qui ont milité contre vents et marées pour prouver et démontrer que, même dans les secteurs les plus à l’avant garde de la technologie et de modernité, le Maroc est, dans le domaine, en mesure de se faire une place honorable dans le concert des grandes nations.
L’ONDA célèbre aujourd’hui ses 25 années de gestion d’une activité prestigieuse, alors que le Maroc, à la veille du cinquantenaire de son indépendance, vit une étape sensible, marquée par la dynamique imprimée par les Hautes Instances du Royaume en matière de développement, dans le cadre d’une stratégie intégrée, liant le transport aérien au tourisme, au commerce et à l’économie.
Puisse donc que la relève soit le relayeur approprié, qui portera plus haut encore, le flambeau de cet établissement, afin de garantir sa pérennité dans le développement et le rayonnement.
Le Maroc a établi sa souveraineté en matière aéronautique et aéroportuaire en 1961, alors que la conquête de l’espace affichait un essor soutenu et que ses retombées technologiques engendraient une mutation profonde dans le secteur de l’aviation civile.
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